J’ai alors découvert le site internet de l’AFMR. Cette association m’a sauvé la vie….

Je suis née au Maroc où c’est par le biais d’internet que j’ai rencontré mon futur mari, portugais.  Il avait un petit restaurant et j’étais au bénéfice d’une formation hôtelière. Nous semblions bien assortis…. et j’ai donc décidé d’aller le rejoindre au Portugal. Mais la réalité de la vie y était bien différente de nos rêves, sans doute aussi parce que nous avons tous les deux la tête dure !

Après quelques années au Portugal, la naissance d’une petite fille…. et des difficultés financières, nous avons décidé de retourner vivre au Maroc, dans ma famille. Les années suivantes ont été marquées par des échecs professionnels et  financiers successifs. Nous avons donc décidé de tenter notre chance en Suisse où mon mari avait déjà travaillé auparavant. J’y ai rapidement trouvé un emploi dans un EMS et nous avons obtenu des permis de séjour pour toute la famille.

La situation du couple restait cependant très difficile : conflits, difficultés, violences psychiques. Après quelques années, mon mari a quitté définitivement l’appartement commun, sans avertissement. Au retour d’une promenade avec ma fille, j’ai découvert qu’il n’était plus là. Je suis restée seule, avec tous les frais à assumer : le loyer, les assurances, l’électricité, le téléphone, l’internet, la nourriture, tout. De surcroît, des problèmes de santé ont abouti à la perte de mon emploi. Les CHF 2800.- que je recevais de la caisse de chômage ne couvraient bien entendu pas les frais à ma charge. J’ai rapidement commencé à m’endetter. J’allais en France faire mes courses, une fois par mois, et je payais tout avec ma carte de crédit, je n’avais pas d’autre choix ! J’empruntais de l’argent à mon entourage et j’étais un peu soutenue par ma famille au Maroc.

Pendant tout ce temps, je ne recevais aucune pension alimentaire. En effet, le tribunal avait décidé que le père n’était pas en mesure de payer pour sa fille. C’était incompréhensible pour moi ! Nous étions deux à avoir conçu notre fille, mais le père avait droit au minimum vital quand bien même ce n’était pas le cas pour moi.  C’est là que l’avocate m’a suggéré de demande l’aide sociale. Cette idée m’a horrifiée et humiliée. En effet, j’étais en mesure de travailler et je voulais m’en sortir seule. Je me suis finalement résolue à faire les démarches auprès de l’aide sociale…. qui m’a été refusée parce que ma situation était paraît-il trop bonne. Je ne savais plus quoi faire.

J’ai alors découvert le site internet de l’AFMR. Cette association m’a sauvé la vie ! En effet, ils ont rapidement trouvé des aides auprès de fondations privées pour me sortir de mes dettes. Mais le soutien que j’ai reçu en devenant membre va bien au-delà de l’aide financière : j’ai rencontré de nombreuses femmes qui étaient dans la même situation que moi et j’ai pu participer à des activités culturelles, à des promenades. J’ai donc retrouvé un équilibre financier, bien que précaire, mais surtout une vie sociale.

Du point de vue professionnel, j’ai suivi une formation de secrétaire médicale financée par le chômage mais n’ai pas réussi à trouver un emploi dans cette branche. Le tournant décisif a été la décision de l’AFMR de me donner une chance en tant que secrétaire à temps partiel. Cela a été un tremplin pour trouver un 2e emploi, également à temps partiel. Et le papa de ma fille a retrouvé un emploi et paie désormais une pension alimentaire, même si le montant n’est pas très élevé ! Je bénéficie également des prestations complémentaires famille et j’arrive donc à m’en sortir. Je fais attention à mes dépenses, mais je m’en sors !

H.